Marathon de Paris 2019 : témoignages

Marathon de Paris 2019 : témoignages | Stimium

Membres du Team #ProjetParis2019, Julie et Alexandre ont franchi ensemble la ligne d’arrivée du Schneider Electric Marathon de Paris 2019. Si le résultat purement sportif est resté en-deçà de leurs espérances initiales, ils ont tous deux vécu une aventure humaine d’une richesse hors du commun. Récits croisés…

L’objectif commun: MDP 2019

Julie a 40 ans. Baignée dès son plus jeune âge dans la multiculturalité (France/Vietnam/Pays-Bas), elle s’est enrichie de nombreux voyages et d’une expérience de 4 ans comme expatriée au Canada. Arrivée sur le tard à la course à pied, elle est aujourd’hui une mordue, bien décidée à combiner ses deux passions et à découvrir, par le running, de nouvelles contrées.

Julie | Projet Paris 2019 | Team Stimium

Mais avant d’arpenter les rues de Séoul ou de Tokyo – où elle espère courir son prochain marathon, en 2020, elle s’était fixé comme objectif de décrocher une seconde médaille à Paris. En mémoire de son papa, décédé quelques jours seulement après l’édition 2018.

« Le Marathon de Paris 2018 était ma première expérience du genre, se souvient Julie. Je l’ai vécue dans des circonstances particulières qui me marqueront à vie. Je voyais presque le bout de mon entraînement sous un hiver effroyable (apocalypse snow!), quand soudainement mon père est plongé dans le coma suite à une chute accidentelle au Vietnam. Le jour de la course, il ne s’est pas réveillé, ni les jours d’après. Il nous a quittés le 16 juillet 2018. La douleur ne se mesure pas. Ma plus profonde blessure, c’est qu’il n’a jamais vu ma médaille de marathonienne, moi l’ex-allergique à la course à pied. »

Alexandre, lui aussi, s’est mis à la course à pied sur le tard. Ancien obèse et (très) gros fumeur (« Je fumais jusqu’à 50 cigarettes par jour! »), il a commencé à courir pour mieux tenir le coup quand il a décidé, du jour au lendemain, d’arrêter de fumer.

Alexandre | Projet Paris 2019 | Team Stimium

C’est d’abord vers le fitness et la musculation que ce chef cuisinier s’est tourné. « Plus dans un souci esthétique que de performance. Je voulais me forger le corps que je n’avais jamais eu. »

En 2015, il se tourne vers la boxe anglaise. Là, son nouveau gabarit tranche avec ses partenaires d’entraînement. Léger, il joue de sa vitesse pour contrer des poids plus lourds. Mais à force de bouger, son manque de souffle se fait criant et l’empêche de tenir la distance. « Je fatiguais trop vite et, du coup, je baissais la garde. Et là, être léger est un vrai désavantage », s’amuse-t-il.

Il se met donc au running pour améliorer son cardio. 10 minutes par-ci, un quart d’heure par-là… Jusqu’à y prendre goût, au point de s’inscrire au semi-marathon de Paris 2018. Une première course qu’il boucle en 1h45, chrono qui le surprend lui-même et qui l’incite à viser encore plus haut pour 2019 : en route vers le Marathon de Paris !

#ProjetParis2019

Julie et Alexandre ont l’habitude de s’entraîner seuls. au feeling. Ils courent également en solitaire, dans leur bulle.

C’est sur le Village de départ des 20km de Paris que Julie rencontre, pour la première fois, le Team Stimium. Elle découvre les produits et commence à suivre le Team sur les réseaux sociaux. Désireuse de trancher avec sa préparation habituelle pour tester un entraînement en groupe, elle postule au #ProjetParis2019. Avec succès…

Alexandre s’était arrêté sur le stand Stimium du Salon du running 2018. Timide, impressionné par la foule et par la taille du stand, il n’ose pas solliciter le Team pour obtenir des conseils ou des échantillons. Il se cache derrière d’autres runners visiblement plus affranchis et écoute attentivement les échanges. C’est sans vraie conviction qu’il s’inscrit au casting #ProjetParis2019…

#ProjetParis2019 | Stimium

« Je réalise aujourd’hui la chance incroyable que j’ai eue d’être sélectionné, raconte Alexandre. C’est énorme… »

Ce #ProjetParis2019, c’est d’abord la formation d’une équipe. 11 personnes, femmes et hommes, qui partagent le même objectif, même si leur niveau est différent : réussir leur Marathon de Paris 2019.

Le plaisir de préparer un marathon en équipe

Dès le premier briefing, le courant passe, tant entre les membres du Team qu’avec les coachs et l’encadrement de Stimium. Pour certains, des véritables coups de cœur amicaux sont même de mise.

#ProjetParis2019 | Stimium

« J’ai sympathisé très vite avec tout le monde, explique Julie. Mais le courant est passé de façon extraordinaire avec deux personnes. Alexandre, d’abord, qui m’a aidée et soutenue au quotidien. Un peu comme un pote de toujours, alors qu’on venait tout juste de faire connaissance. Et puis avec Christelle en qui je me suis reconnue comme face à une jumelle. Nous avons fréquenté la même école, partageons les mêmes passions. »

Marathon de Paris 2019 : témoignages | Stimium

En plus de l’aspect humain et de la solidarité de mise entre les membres du Team, ce qui frappe Alexandre, c’est la qualité du suivi. Et le changement radical d’habitudes que cela entraîne dans son approche de la course à pied: « Dès le premier jour, nous avons eu droit à un test VMA. Celui-ci nous a permis de fixer ou de vérifier nos objectifs. Alors que je visais un chrono de 4h, on m’a conseillé de viser 3h40 au vu de mes résultats plutôt encourageants. D’emblée, j’étais donc surmotivé. J’ai beaucoup aimé aussi la séance de renforcement musculaire avec Sacha Valleau. Pour moi, la musculation ne servait qu’à me sculpter physiquement. J’ai découvert ce que cela pouvait m’apporter pour le running. Et puis il y a eu le programme et le suivi hebdomadaire. Chaque dimanche, sur le groupe WhatsApp, nous recevions un programme de 5 à 7 séances. 3 d’entre elles (les fractionnés du mardi et du jeudi et la sortie longue du dimanche), étaient obligatoires. Les autres étaient laissées à l’appréciation de chacun(e). J’ai fait toutes les séances communes mais je ne pouvais pas m’astreindre à trop d’entraînements vu mes horaires de travail. Mais je me suis quand même forcé à des séances de renfo à la maison. »

Séance renfo #ProjetParis2019 | Stimium

Le coup dur…

Mais pour Julie comme pour Alexandre, cette préparation tourne court.

C’est Julie, la première, qui se blesse sérieusement : fracture de fatigue après 6 semaines de préparation. Si le vélo lui permet d’entretenir son cardio, elle sait que son objectif de 4h00 est sérieusement compromis.

Alexandre, lui, se blesse bien plus tard : 10 jours avant le départ, lors d’une sortie, il sent une douleur poindre dans le mollet droit. Il se repose quelques jours. Pose de la glace. Et se re-teste 5 jours plus tard.

« Au départ, ça allait alors j’ai accéléré jusqu’à mon rythme de course, raconte-t-il. Et là, j’ai senti comme un coup de poignard au niveau du tendon d’Achille. J’ai consulté un médecin du sport qui m’a dit que je n’avais pas de lésion mais qui m’a fortement déconseillé de me présenter au départ du marathon, sauf si je me résignais à le faire en mode promenade. Tout s’écroulait… »

Nouvel objectif : terminer !

Mais Alexandre et Julie sont têtus. Bornés. Inscrits dans le même sas (4 heures), ils décident de tenter leur chance malgré tout. Advienne que pourra…

Dès le km 9, Alexandre fait la grimace. Son tendon le fait souffrir. Il ralentit. Il voit des centaines de coureurs le dépasser. Il fulmine: « Ils avançaient à un rythme de sénateur. Je ne pouvais pas croire que j’étais plus lent qu’eux… J’avais envie de tout laisser tomber. »

Mais la vue à ses côtés d’une Julie impassible, déterminée à continuer malgré la douleur, malgré ce rythme loin de son vrai niveau, le fait réfléchir: « Je me suis dit que je n’avais pas le droit de me plaindre. Je me suis accroché à elle, à sa volonté. J’ai fait abstraction du chrono et me suis fixé un nouvel objectif : terminer. A tout prix. Et j’ai recommencé à prendre du plaisir. »

Julie, qui s’est engagée dès le départ avec cette idée de finir sans observer son chrono, sent la frustration de son compagnon de course. Elle en est d’autant plus consciente que, très vite, elle doit faire face aux conséquences de sa préparation tronquée. Elle a les jambes lourdes. Son souffle est un peu court. Alexandre, lui, s’il a toujours mal au tendon, est très à l’aise au niveau cardio.

Marathon de Paris 2019 : témoignages | Stimium

« Du coup, il n’arrêtait pas de parler, s’amuse Julie. Il m’encourageait sans arrêt. Il me répétait de m’accrocher. Il me montrait les autres qui avaient mal aussi. Il soulignait le fait que oui, c’est une course difficile mais que si c’était facile, n’importe qui pourrait le faire. »

Le mur des 30 km

Ces encouragements mutuels, cette volonté décuplée se heurtent malgré tout au fameux mur des 30 km. Julie a besoin de récupérer. Elle marche. Alexandre s’impatiente.

« Vas-y sans moi », souffle l’une.

« Si tu termines, c’est avec moi », répond l’autre.

Alors ils continuent. Ensemble. Le chrono défile. Il indiquera un peu plus de 5 heures à l’arrivée. Mais qu’importe. L’important, c’est la médaille qu’Alex pourra ramener à son fils. Et celle que Julie décrochera pour son papa. Son papa à qui Alexandre l’exhorte de penser quand arrivent les 2 derniers kilomètres.

« Il ne m’en avait pas parlé jusque-là, s’étonne Julie. Peut-être avait-il peur de me blesser. »

Ou peut-être a-t-il senti que c’était le bon moment. Comme une intuition magique. Car quelques mètres plus loin, c’est toute la famille de Julie qui est au bord de la route pour l’encourager. Pour lui insuffler l’énergie dont elle a besoin pour avaler les derniers mètres de course

« C’est une coïncidence incroyable, confie Julie. Et une surprise totale car, normalement, seuls mon frère et mon neveu avaient prévu de venir me voir et devaient m’attendre après la ligne d’arrivée. »

Une ligne d’arrivée qu’Alexandre franchit en trottinant… avec Julie sur les épaules.

Marathon de Paris 2019 : témoignages | Stimium

« Pendant le Salon du Running, Alexandre voulait faire une photo d’équipe un peu décalée, explique Julie. Mais nous n’avions finalement pas eu le temps de la faire. »

Apercevant un podium quelques mètres avant la ligne, Julie interpelle Alex: « Allez, on va l’avoir cette photo rigolote! »

Le résultat, c’est une des images fortes de ce Marathon de Paris 2019.

C’est aussi un soulagement, une délivrance et un énorme sentiment de satisfaction, pour Julie comme pour Alexandre.

Solitaire en 2018. Solidaire en 2019.

« J’ai souffert. Je suis loin du chrono espéré. Mais je ne regrette rien, assure Alexandre. Je n’aurais sans doute jamais vécu des émotions aussi fortes et une joie aussi intense si j’avais fait ma course seul. »

Julie confirme: « Je ne pensais pas vivre un tel moment. Alex a été comme un grand frère durant toute la course. Il a mis de côté son égo pour rester avec moi et m’aider à finir. C’est fort. C’est inattendu. C’est génial. Je pense aussi à tous ces gens qui nous ont encouragés durant tout le parcours : ils nous reconnaissaient grâce aux publications de Stimium sur Internet. Je remercie d’ailleurs toute l’équipe pour le soutien, l’encadrement, les entraînements. J’ai adoré ce travail d’équipe. Autant 2018 avait été une expérience solitaire, autant ce Marathon de Paris a été une aventure solidaire. »

Arrivée Alex Julie MDP 2019 | Stimium

La suite?

Pour Julie et Alexandre, elle passe par le groupe WhatsApp du #ProjetParis2019.

Et par les prochains rendez-vous.

Ce sera Deauville puis de nouveau Paris pour Alexandre, qui a une revanche à prendre.

Ce sera Tokyo ou Séoul pour Julie, la globe-trotteuse, avide de se tester sur des chemins inédits.

Rendez-vous sur leurs comptes Instagram pour suivre leurs prochaines aventures!

Julie: https://www.instagram.com/julie.yummy

Alexandre: https://www.instagram.com/alex___run/

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