Supinateur, pronateur, universel : quels dangers pour quelle foulée ?

L'athlète français Yohan Durand, spécialiste des courses de fond et de demi-fond s'entraîne.

Supinateur ? Pronateur ? Universel ?

La question du type de foulée est classique chez les coureurs. C’est notamment l’argument premier afin de déterminer la chaussure qui vous est la plus adaptée. Mais connaître la position de son pied lorsque celui-ci touche le sol est également le meilleur moyen pour limiter le nombre de blessures car avant de choisir une paire de chaussures, il faut apprendre à courir.

Les 3 types de foulée : universelle, supunatrice, pronatrice

Il existe 3 types de foulées : universel, pronatrice et supinatrice. La foulée universelle se définit par un alignement dit “parfait” entre le talon et la cheville. Aucun type de blessures n’est associé à cette manière de courir. La foulée pronatrice se distingue quant à elle par un affaissement du pied vers l”intérieur. Au lieu de donner l’impulsion, le pied continue à se dérouler et le poids du corps va donc se porter sur le gros orteil. Cette foulée peut provoquer des torsions au niveau du pied, du tibia et de la cheville mais peut également fragiliser les tendons d’Achille. En ce qui concerne la foulée supinatrice, elle se caractérise par un déroulé insuffisant du pied vers l’intérieur au moment de l’impact au sol. Le poids reste alors figé sur la partie extérieure du pied jusqu’à la fin du mouvement, avant de revenir sur l’intérieur. Ici, les risques de tendinites des péroniers latéraux et de douleurs aux genoux sont plus nombreux1.

Il existe trois types de foulée : supinatrice, pronatrice et universelle / © Stimium

Malgré cela, être pronateur ou supinateur est loin d’être un handicap. Selon la phase d’appui dans laquelle le coureur se trouve, une course est marquée par une succession de supination et de pronation. Le plus important pour un athlète, reste de trouver le meilleur moyen pour faire cohabiter ses déséquilibres. Vouloir classer une foulée selon une seule et même tendance est illusoire car s’opposer à un type d’appui engendre une perturbation de la biomécanique du pied et par extension à une perturbation de la biomécanique du squelette tout entier.

La foulée du runner : considérer l’individu dans sa globalité

Puisqu’il s’avère impossible de réduire simplement un athlète à un type de foulée, il convient alors d’observer l’individu dans sa globalité. Un défaut d’alignement de l’une des trois foulées induira automatiquement une attitude compensatrice des deux autres. Et si cette compensation ne peut pas se faire naturellement, plusieurs spécialistes peuvent vous accompagner afin d’ajuster les paramètres biomécaniques du sportif.

Un ostéopathe, par exemple, recherchera les asymétries – inégalités de longueur ou rotations du bassin – au niveau des différentes chaînes musculaires. Le rôle du kinésithérapeute du sport sera tout autre. Les différents soins qu’il prodigue ont pour but de rétablir les déséquilibres de force qui existent entre les muscles antagonistes – soit les muscles situés de part et d’autre d’une articulation ou d’un os et qui s’opposent en ce qui concerne leur fonctionnement – mais également de favoriser le renforcement musculaire. Enfin, le podologue du sport vous aidera à déterminer votre profil de course (aérienne ou terrienne) mais a également pour mission de rechercher des déséquilibres posturaux lors de la foulée.

 

1 https://www.lequipe.fr/Ilosport/Running/Actualites/Quelle-foulee-quels-dangers/741854

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