Le surentraînement : quand la détermination ne suffit plus

Le finish d'athlètes sur une piste d'athlétisme

Qu’ils soient professionnels ou non, tous les sportifs se rassemblent autour d’un même objectif : l’amélioration de leurs performances. En cas d’excès, cette quête peut s’avérer préjudiciable et conduire au surentraînement – aussi appelé overtraining. Un syndrome qui se traduit principalement par un état de fatigue entraînant une baisse de niveau, des troubles passagers du sommeil ou de l’humeur, un inconfort musculaire ou digestif.

Le surentraînement touche toutes les disciplines et ne concerne pas seulement les athlètes de haut niveau. Dès huit heures d’entraînement hebdomadaire, un sportif peut être sujet à l’overtraining. Mais ce n’est pas l’entraînement en lui-même qui est pointé du doigt mais plutôt le manque de récupération. Ce syndrome, souvent visible durant l’intersaison, est le résultat d’un déséquilibre entre le volume ou l’intensité de la charge de travail et les périodes de récupération. L’organisme se trouve alors dans l’incapacité de se régénérer et la fatigue – physique et mentale – persiste au-delà de la phase de repos.

Et si le déséquilibre charge – récupération constitue la principale cause de ce mal, il n’est pas le seul ; les mécanismes responsables de ce syndrome associent souvent des facteurs émotionnels et physiologiques. Une augmentation trop rapide de la charge de travail, des compétitions à répétition ou encore le stress de la vie courante, la monotonie des séances d’entraînement et les conditions météorologiques peuvent aussi entrer en compte. L’overtraining est un état très difficile à diagnostiquer ; la frontière entre une surcharge physique et un effort intense étant mince. De plus, la tolérance face à la difficulté varie d’une personne à une autre. Il faut également savoir qu’il faut plusieurs semaines avant que l’athlète ne ressente des changements inhabituels.

Être à l’écoute de son corps

Si le surentraînement peut toucher tout le monde, il est possible de s’en prémunir par des gestes simples. La première étape consiste à se connaître et à se fixer des objectifs réalistes. La gestion des périodes de repos doit également être rigoureuse et prendre en compte la charge de travail effectuée. On considère, par exemple, qu’il faut au moins 24h pour récupérer d’une fatigue aiguë survenue après une grosse séance. Pour une fatigue chronique mais encore fonctionnelle – soit suite à un gros bloc d’entraînement ou un stage exigeant – plusieurs jours seront nécessaires. Mais vous serez, à terme, plus performant. Au-delà, il s’agit d’une fatigue chronique non fonctionnelle. Vous avez alors poussé trop loin dans la fatigue et la récupération prendra plusieurs semaines. Toutefois, vos performances ne se seront pas améliorées. Bien sûr, l’objectif n’est pas tant de ne plus travailler avec des charges conséquentes mais de le faire par palier. Et si les rendez-vous avec les spécialistes sont souvent le passage obligé à la rentrée, ils doivent aussi l’être tout au long de l’année afin de déceler au plus tôt le moindre problème. La monotonie est aussi un facteur de risque. À charge d’entraînement égale, une personne ayant un programme varié a moins de risque de se surentraîner qu’une autre ayant des séances identiques tous les jours. Et afin de mesurer votre motivation, demandez-vous régulièrement si vous êtes heureux de vous entraîner. Si la réponse est négative ou que vous cherchez des excuses afin de justifier un manque soudain d’intérêt, n’hésitez pas à vous octroyer un peu de repos.

Dès lors que le syndrome du surentraînement est diagnostiqué par un spécialiste, le seul remède est le repos physique et mental. Dans la mesure du possible, éloignez-vous au maximum de tout ce qui pourrait vous rappeler votre pratique, comme les forums de sport ou l’actualité sportive. En revenant dans un état de repos complet et de fraîcheur psychologique, l’envie de vous dépasser n’en sera que plus grande.

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