INTERVIEW CROISÉE. Les Chemel : une passion du triple effort

Les triathlètes Lucie et Nicolas Chemel

Le triathlon est souvent considéré comme sport solitaire, voire égoïste, où les athlètes font d’énormes sacrifices pour leur unique personne. S’il est bien vrai que c’est une discipline où seul le résultat individuel compte, la fratrie Chemel a décidé de faire du triathlon un défi à relever à deux. Frère et soeur nous prouve alors que l’union peut bel et bien faire la force.

STIMIUM : Comment en êtes-vous arrivés à vous lancer tous les deux dans le triathlon ?

Lucie Chemel : Je fais de l’athlétisme depuis que j’ai 9 ans. Et à partir de mes 16 ans, je n’ai pas arrêté de me blesser. Je me suis alors mise à faire de la natation, en plus de la course. Au bout d’un moment, j’en ai eu marre de me blesser tout le temps. J’ai alors cherché un autre sport à pratiquer et mon choix s’est naturellement tourné vers le triathlon. Et Nicolas, qui faisait déjà beaucoup de vélo et courait certaines fois avec moi, m’a vite rejoint. Et aujourd’hui, il me dépasse ! (Rires)

Nicolas Chemel : J’ai fait du rugby pendant 13 ans. Mais lorsque je suis arrivé en classe préparatoire en 2009, j’ai dû arrêter les entraînements car ils me prenaient trop de temps. Je devais alors trouver un autre sport, plus flexible au niveau des horaires. J’ai alors suivi Lucie dans son club d’athlétisme pour, par la suite, me mettre au triathlon avec elle. C’était vraiment un challenge de se lancer là-dedans ! Six mois d’entraînement plus tard, on prenait déjà le départ de notre premier triathlon. C’était celui de Paris, en 2015.

STIMIUM : Vous vous êtes lancé dans le triathlon sur le tard et depuis vous ne cessez de vous améliorer… 

Nicolas Chemel : Le plus important est d’avoir des objectifs clairs. Il y a trois disciplines, il faut donc se préparer différemment aux trois épreuves. Et travaillez également votre mental ! Le sport ce n’est pas seulement une histoire de jambes…

Lucie Chemel : Les gens sont souvent très impressionnés par le triathlon et pensent que l’on doit être bon partout. C’est faux ! C’est un sport complet. Il faut donc savoir combler ses lacunes et se dépasser sur son ou ses épreuves de prédilection.

STIMIUM : Avez-vous pratiqué d’autres sports auparavant, ensemble ou non ?

Nicolas Chemel : Lorsqu’on était petit, on avait pour habitude de courir régulièrement avec notre père. La course à pied est vraiment une affaire de famille pour nous. Mais sinon, nous faisions du sport chacun de notre côté car on avait des vies différentes !. Mais sinon, j’ai surtout fait du rugby. Mais c’est tout.

Lucie Chemel : L’athlétisme a toujours été mon sport de coeur ! Mais je me suis essayée à d’autres sports comme le basket, le football et le tennis, lorsque j’étais en Erasmus.

Comment se déroulent vos entraînements ? Se font-ils à deux ?

L. C. : J’ai un pied en France et souvent l’autre à l’étranger, alors j’ai pris pour habitude de m’entraîner seule. J’ai aussi la chance d’avoir un ancien athlète de haut niveau comme compagnon. C’est donc lui qui gère mes entraînements. Et dès que l’on a une course commune, Nicolas et moi suivons le même programme – même si cela est à distance.

N. C. : Comme Lucie, j’ai vécu à l’étranger quelques temps (ndlr : à New York). J’ai donc pris pour habitude de m’entraîner seul. Depuis mon retour, j’ai continué à m’entraîner en solitaire. Sauf pour le vélo où j’essaie de faire des sorties en groupe.

Que vous apporte le fait de courir ensemble ?

L. C. : Je dirais beaucoup de motivation !

N. C. : Même si on n’a pas le même niveau, notre unique objectif est de toujours se dépasser. Alors on se motive mutuellement, c’est vrai. Et puis les jours où l’on n’a pas vraiment envie de s’entraîner, c’est un argument de plus pour enfiler ses baskets !

Quel est votre meilleur souvenir sportif à deux ?

N. C. : Moi, je ne pense pas vraiment à une compétition mais plutôt à une expérience sportive. Il y a quelques mois on est partie au Cambodge. On avait décidé de faire un bike and run (ndlr : le principe du bike and run est d’alterner course à pied et VTT, l’équipe disposant d’un vélo pour deux coureurs). Lorsque l’on avait demandé au guide combien mesurait le parcours, il nous avait répondu 12km.

L. C. : Mais c’était faux ! (Rires). En réalité, le parcours faisait au moins 21km ! On n’était donc pas préparé mentalement. En plus de ça, il faisait au moins 35 °C. Mais ça reste un très bon souvenir !

Vous allez participer au triathlon de Chantilly, qui se déroule du 26 au 27 août. Quels sont vos objectifs ?

N. C. : J’aimerais au moins faire 2h05. Lors du triathlon de Paris, j’étais à 2h11. Je sais que je vais devoir me battre durant l’épreuve de natation : c’est mon point faible.

L. C. : Alors pour moi, c’est un peu une course test. Je suis récemment partie en Asie et je n’ai pas vraiment eu l’occasion de m’entraîner là-bas. L’objectif est donc de faire au moins, si ce n’est mieux, que lors du triathlon de Paris où j’avais bouclé le tour en 2h20.

Quelle est l’épreuve préférée de chacun sur le triathlon ?

L. C. : Sans hésiter la course ! (Rires). En natation et en vélo, j’ai un niveau moyen. Et psychologiquement, c’est très compliqué de rester motivée parce qu’on se fait doubler. Alors, dépasser tout le monde sur la course, ça a quelque chose d’assez jouissif ! (Rires).

N. C. : Je suis assez d’accord. (Rires). À la natation, je ne suis pas le plus fort. En cyclisme, par contre, j’arrive à plus ou moins bien me positionner dans la course. Mais j’ai vraiment une sensation de liberté quand je cours.

Un triathlon est éprouvant tant physiquement que mentalement. Comment gérez-vous votre récupération au quotidien ?

N. C. : Je fais régulièrement des bains froids et de la cryothérapie. Je fais aussi en sorte d’avoir une alimentation équilibrée. C’est important, car ce que l’on mange influent sur notre forme. Je prends également des compléments. Là encore, je fais attention à ce que je choisis.
L. C. : Contrairement à Nicolas, je ne suis pas aussi assidue en terme de récupération ! (Rires). Comme pour mes entraînements, c’est mon compagnon qui s’occupe de mes périodes de coupure. Il me dit quoi faire et comment.

Merci aux triathlètes Lucie et Nicolas Chemel. 

 

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